Étiquette : blanchisserie

Au fil des pages avec Nettoyage à sec

J’ai lu Nettoyage à sec de Joris Mertens (éd. Rue de Sèvres, avril 2022, 152 pages), une BD adulte/roman graphique. Dans une grande ville où il pleut sans cesse, François est chauffeur-livreur dans une blanchisserie. Solitude et routine rythment son quotidien bien terne et désolant. Ses journées se ressemblent les unes après les autres, égayées par le tirage du lotto chaque semaine et ses rencontres au café, autour d’une pinte de bière, avec Maryvonne et sa fille à qui il a promis une meilleure vie s’il gagnait au lotto. Mais si la chance pouvait enfin lui sourire lors d’une  énième livraison? A quel point cette livraison va-t-elle bouleverser sa vie?

J’ai apprécié me replonger dans l’ambiance de Béatrice (éd. Rue de Sèvres, 2020, 112 pages), dans cette grande ville rappelant Paris ou Bruxelles, à la fin des années 70. La vie de François fait écho à celle de Béatrice. On y retrouve la même ambiance sombre et des thèmes similaires comme la vie de célibataire, la solitude dans une grande ville écrasante, une découverte inattendue, le drame sous-jacent… Au fil des pages, on s’attache à ce personnage célibataire quinquagénaire, espérant à ses côtés tout en se doutant que tout ne va pas bien se passer. Graphiquement, c’est toujours aussi réussi, que ce soit dans la mise en page, le traitement des couleurs chaudes ou de la pluie… On est complètement immergé dans ce décor urbain pluvieux. Encore un très bon moment de lecture avec ce roman graphique, bel hommage au film noir!

Pour d’autres avis sur cette BD: Nathalie.

Participation #12 (Parcours illustré) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2024 de Bidib #Belgique

Au fil des pages avec Ce genre de petites choses

Repéré en décembre 2022 chez Bianca, j’ai emprunté début janvier 2023 à la médiathèque Ce genre de petites choses de Claire Keegan (éd. 2020, 117 pages), un court roman qui a été chroniqué entretemps aussi chez Fondant. En décembre 1985, à l’approche de la quarantaine, Bill Furlong, marchand de bois et de charbon a réussi sa vie tant personnelle (marié et père de cinq filles) et professionnelle (gérant une entreprise prospère), alors même qu’il est né sans père et d’une mère domestique enceinte à 15 ans qui a pu l’élever auprès d’elle grâce à la générosité et la bienveillance de sa patronne, la riche veuve Mrs Wilson. Le travail ne manque pas à l’approche de Noël.

Une livraison de  charbon au couvent de son village va bouleverser sa vie si bien rangée et l’amener à se questionner sur sa propre existence. En effet, dans la réserve de charbon, il découvre une jeune fille esseulée, pieds nus malgré le froid de l’hiver qui semble avoir passé la nuit là et inquiète du sort réservé à son bébé de 14 mois sur le point d’être vendu par les Sœurs du couvent. Ce n’est pas la première fois qu’il est témoin d’incidents dérangeants au couvent. De nombreuses rumeurs circulent d’ailleurs mais personne jusqu’alors ne s’y appesantit d’autant que le couvent est généreux et permet de faire tourner l’économie locale. Face à l’hypocrisie générale et à la très grande influence des religieuses catholiques, que pourrait bien faire Bill Furlong: : fermer les yeux, mettre un terme aux agissements du couvent ou à tout le moins aider cette pauvre jeune fille?

J’ai apprécié le personnage de Bill Furlong, un homme ordinaire, tranquille mais déterminé à ne plus resté indifférent aux agissements constatés au couvent qui le renvoient à sa propre trajectoire de vie, à celle de sa mère qui aurait pu finir dans ce couvent sans Mrs Wilson et à sa quête des origines paternelles. Son bonheur se heurte à la maltraitance du couvent.

L’histoire s’inspire des Magdalene laundry en Irlande, les derniers couvents ayant été fermés en 1996 et qui exploitaient pour des travaux de blanchisseries des femmes et jeunes filles dans des conditions quasi carcérales afin de les « laver de leurs pêchés », la plupart du temps placées par leur propre famille car enceintes hors mariage, considérées comme trop effrontées et impertinentes, voire même trop coquettes et « aguicheuses »…

Un roman certes court mais marquant, tout en pudeur et au style concis, à la fin ouverte qui laisse une petite part à l’espoir, dans l’esprit d’un conte de Noël, même si je serai plus pessimiste, les répercussions s’annonçant terribles pour Bill Furlong!

J’ai enfin noté quelques passages gourmands pour le challenge Des livres (et des écrans en cuisine) comme la préparation du gâteau de Noël par la famille de Bill (p.25/26) qui donne envie de lécher la cuillère avec le reste de pâte, les repas de Mrs Kehoe dans son pub (p.96) ou bien encore l’assiette d’œuf ou bien encore le cake aux fruits et le thé servi chez les religieuses (p.72).

Pour d’autres avis: Bianca et Fondant.

Participation #3 (Parcours littéraire) Challenge Le tour du monde en 80 livres 2023 de Bidib #Irlande

Participation #4 Challenge Des livres (et des écrans) en cuisine 2023 de Bidib et Fondant #Plats irlandais et de Noël

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